Source : https://www.ign.fr/reperes/bilan-de-sante-des-forets-francaises
Sans gestion, la forêt tend à dépérir
Quelques chiffres sur les arbres morts sur pieds
Des chiffres publiés indiquent que :
- L'augmentation du stock d’arbres morts s’est accélérée dans les trois dernières années.
- 104 millions de mètres cubes d'arbres morts sur pied pour la période 2015-2019.
- Représentant 3,5 % du stock de bois sur pied présent en forêt.
- + 30 % du stock d'arbres morts sur pied de moins de 5 ans sur les années 2018-2019.
Nous constatons une augmentation de 30% du stock d'arbres morts de moins de 5 ans. Ceci est dû à divers stress climatiques ou sanitaires ayant affecté la forêt. Le stock d'arbres vivants, en constante augmentation depuis des décennies, atteint 2 754 millions de m3 sur la même période. Presque 95% des arbres vivants observés ont moins de 5% de branches mortes. Sur les périodes 2008-2012 et 2015-2019, nous observons une légère diminution du nombre d'arbres présentant une mortalité de branches. En outre, cette tendance ne reflète pas nécessairement une amélioration de l'état de santé. Par conséquent, nous devons mettre cette tendance en perspective avec l'augmentation de la mortalité des arbres et la légère augmentation des prélèvements.
L'importance de la gestion de nos forêts
Sur la période 2015-2019, le rapport entre le volume de bois mort sur pied et le volume total (mort et vivant) est quasiment doublé dans les forêts privées sans plan simple de gestion (PSG). Cela ne signifie pas forcément que les forêts gérées sont en meilleure santé. Des forestiers, dans leurs missions, ont pu prélever des arbres morts ou dépérissant dans ces forêts.
Le taux d'arbres morts est influencé par la répartition des essences.
Le taux d’arbres morts n’est pas homogène sur le territoire. Il dépend notamment des essences présentes et de la gestion des peuplements. Il est plus élevé sur le pourtour du Massif central (environ 10 %). Ce taux d'arbres morts est surtout affecté par la gestion des peuplements et des essences présentes. Par exemple, pour le châtaignier, ce taux peut atteindre localement 50 %.
La proportion d'arbres morts varie selon les régions et dépend de la gestion forestière et des types d'arbres présents. Dans la période de 2015 à 2019, le châtaignier, le robinier faux-acacia, le frêne, le pin sylvestre et l'épicéa commun présentent les taux annuels moyens les plus élevés d'arbres morts de moins de cinq ans. De plus, les taux de mortalité tendent à augmenter pour les arbres feuillus, tandis que pour les résineux, ils sont relativement stables.
Le châtaignier, l'essence la plus dégradée
Depuis plusieurs décennies, diverses maladies exotiques affectent gravement le châtaignier. Par conséquent, celui-ci apparait comme l'essence la plus touchée par le dépérissement. Selon le Département de la santé des forêts (DSF), le manque de gestion des vergers et des taillis touchés par le chancre ont accéléré la propagation de ces maladies. Les hivers doux et les étés secs auraient favorisé l'apparition de foyers d'encre(1) importants, en particulier dans le nord.
(1) Un foyer d'encre : c'est une maladie des arbres causée par des champignons. Ceux-ci entraînent une coloration noire des parties atteintes de l'arbre. C'est pourquoi, cette maladie est appelée « encre » en raison de cette coloration noire. Un foyer d'encre est donc une zone dans laquelle cette maladie se propage de manière importante.
Le frêne, victime de la chalarose
Depuis plusieurs années, on constate une croissance continue du volume de frênes morts sur pied. Ce volume passe de deux millions de mètres cubes avant 2015 à cinq millions de mètres cubes en 2018. Cette hausse des dépérissements récents depuis 2015 est incontestablement due à la chalarose. Malgré cela, le taux d’arbres morts reste dans la moyenne à 3,8%. Pendant ce temps, le stock de bois vivant se stabilise autour de 110 millions de mètres cubes.
L'épicéa commun confronté au scolyte
Le taux de mortalité des arbres de cette essence est supérieur à la moyenne pour les conifères. Ce taux de mortalité atteint 4,3% (soit une augmentation de 0,9 point par rapport à la moyenne). Une des raisons : les épisodes estivaux chauds et secs entre 2018 et 2020 ont exacerbé l'infestation de scolytes.
Quatre bioagresseurs responsables de la dégradation de nos forêts
Le chancre du châtaignier
Découvert en
France pour la première fois en 1956, la Cryphonectria parasitica, un
champignon originaire d'Asie cause cette pathologie. Ce parasite entraîne des
lésions sur le tronc, les branches ou les pousses. De ce fait, ces lésions sont
souvent à l'origine de la dessiccation d'une partie de l'arbre. Toutefois, un
virus hypervirulant a permis d'obtenir de bons résultats sur les forêts du sud
de la France, préalablement infectées. Les chancres se cicatrisent
progressivement et ne provoquent plus de mortalité.
L’encre du châtaignier
Deux champignons originaires d’Asie, Phytophthora cambivora et P. cinnamomi, sont responsables de l’encre du châtaignier. Ils sont apparus en France à la fin du XIXe siècle. Or, depuis les années 2000, les conditions climatiques et les pratiques culturales ont favorisé la propagation de ces pathogènes. Cela, par conséquent, entraîne la multiplication de foyers de la maladie. Le chêne rouge et surtout le châtaignier sont les essences les plus touchées. Le châtaignier est systématiquement détruit par la maladie au niveau de ses racines.
La chalarose du frêne
Malheureusement
pour notre département, c'est en Haute-Saône qu'en 2008, nous identifions le
champignon asiatique Hymenoscyphus fraxineus. Ce champignon cause la maladie
appelée chalarose du frêne. Les effets dévastateurs de cette maladie se
traduisent par une mortalité rapide des jeunes frênes, ainsi que des nécroses
au collet qui fragilisent les arbres plus âgés en quelques années seulement. Le
taux d'arbres sans symptômes est bas, ce qui laisse peu d'espoir sur l'avenir
de cette espèce pour la production. Vous pouvez consulter une intervention urgente de ETFP sur des arbres atteints du chalarose qui menaçaient des habitations dans cet article.

Les scolytes de l'épicéa
Les insectes
autochtones, en particulier le typographe et le chalcographe, sont des scolytes
de l'épicéa qui s'attaquent principalement aux arbres affaiblis. Toutefois,
lorsque les conditions climatiques changent, comme lors de sécheresses ou de
canicules, ces insectes se multiplient rapidement et attaquent les arbres
sains. Contrairement aux scolytes du sapin, ils sont résistants et même après
la fin des conditions propices à leur apparition, leurs populations continuent
de croître pendant plusieurs années.
Source photo titre : https://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/comment-la-maladie-de-l-encre-devore-rapidement-les-forets-d-ile-de-france-19-02-2021-8425562.php